Lame RUNNER BLADE 115 : Hard is back (2/2)

Actualité rédigée le 12 Jun 2017 par Samuel LEMIERE.

 

C’est pas un peu rustique par rapport à un poisson-nageur ?

J’ai rencontré pas mal de gens qui doutent de la qualité de nage d’un blade qui n’est, après tout, qu’un simple morceau de tôle plombé. Il faut reconnaître que le marketing fait bien son boulot pour nous (sur)vendre des produits toujours plus « sophistiqués », au point qu’on en finirait presque par rejeter la moindre forme de simplicité.

Pourtant, à l’image de ce 85 cm bien musclé pris en phase de conception et qui restera un excellent souvenir, les résultats sont là !

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Je ne vois d’ailleurs aucune raison de refuser la comparaison avec les leurres à bavette :

  • En matière d’intensité vibratoire, je ne vois pas ce qu’un blade aurait à envier à un poisson-nageur. Et contrairement aux leurres à grande bavette, le Runner Blade ne décroche pas à haute vitesse.

  • Question signaux visuels, vous avez sans-doute observé que la tendance est à l’aplatissement des flancs des poissons-nageurs, de façon à émettre plus de flashs lors du mouvement de rolling. De ce point de vue, on ne peut pas faire plus plat qu’un blade.

  • Question équilibre, les centres de gravité sont positionnés toujours plus bas pour accentuer cet effet de rolling. Le Runner Blade est lui carrément muni d’une quille ventrale.

  • J’ajouterais que le point d’attache étant situé sur le dos, le Runner Blade développe en plus un wobbling « de tête » très intéressant.

  • Le poids et la densité des lames vibrantes les classent tout en haut de la liste des leurres durs faciles à lancer (derrière les jigs bien sûr), ce qui les rend agréable à utiliser pour les débutants qui arrivent à les propulser sans peine.

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Techniquement parlant, le point fort de la nage du Runner Blade est incontestablement le mélange rolling/wobbling obtenu. L’essentiel du travail de conception a consisté à trouver ce subtil point d’équilibre qui permet de générer une vibration « sous contrôle » : ni trop douce, ni trop agressive. Pour la petite histoire, le proto disqualifié le plus rapidement est celui qui vibrait le plus intensément…et ceci non pas pour des raisons de confort mais bien d’efficacité pure.

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Qu’est-ce que ça apporte par rapport à un leurre souple plombé ?

C’est vrai, nos boites débordent de leurres souples qui permettent déjà de peigner toutes les couches d’eau. Mais s’arrêter là dans la réflexion ce serait oublier les possibilités tactiques offertes par les lames vibrantes.

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Depuis quelques années, j’ai reconsidéré certaines de mes pratiques : trop de dérives inutiles sur des spots surexploités (où la fraction de poisson réactive aux leurres a déjà été en grande partie prélevée ou piquée), trop de temps gaspillé sur des belles détections de poissons impossibles à décider. Maintenant je privilégie une approche plus radicale, moins prise de tête aussi et pleine de surprise, que les anglo-saxons appellent « run-and-gun ». En deux mots, le run-and-gun consiste à enchainer les postes en leur consacrant un temps minimal. L’objectif de ce contre-la-montre est de couvrir le maximum de zones pour cibler uniquement les poissons immédiatement réceptifs aux leurres.

Cette approche que vous pratiquez sans-doute sans connaitre son nom est non seulement efficace mais aussi jamais ennuyeuse. Dans cette perspective il faut élargir la notion de poste à toute zone susceptible d’abriter des poissons. Ça tombe bien, avec le boom de l’électronique marine il n’a jamais été aussi facile de remplir son GPS de centaines de secteurs potentiellement prometteurs !

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Pour le run-and-gun, disposer d’un blade est un atout majeur pour différentes raisons :

  • Pas question de s’arrêter à 200 m du spot et d’attendre 5 min que la dérive vous amène gentiment à portée de lancer. Idéalement je veux pouvoir toucher le spot dès que je coupe les gaz. Et comme il n’y a pas non plus de dérive « test », ni de moteur électrique pour corriger la trajectoire du bateau si la dérive est mal engagée, il faut absolument pouvoir lancer loin, dans toutes les directions, même par vent de face ou de travers.

  • Pas le temps de laisser couler une micro tête plombée, le fond doit pouvoir être atteint rapidement si nécessaire.

  • Les lancers sont comptés, et comme il n’y a souvent qu’une seule dérive, il n’est pas envisageable d’essayer 10 leurres. A ce titre la polyvalence d’un blade est appréciable pour couvrir toute la colonne d’eau.

  • Enfin et surtout, ne pas brusquer le poisson ne fait pas partie de la philosophie. Priorité aux leurres très vibrants (Runner Blade) ou bruyants (Bonnie 128 par exemple).

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Dans cette configuration rapide, je trouve que l’on obtient plus de résultats avec le Runner Blade qu’avec un shad ramené en linéaire par exemple, en tout cas dans ma région.

Concrètement, avant une session de ce type, je dresse une liste de postes (dont la moitié sont plus des soupçons de postes qu’autre chose), stoppe le bateau à environ 80 m de la cible, effectue 3, 4 lancers en aval-dérive puis 1 ou 2 lancers en amont-dérive une fois la zone passée, et enchaine avec le coin suivant. En cas de prise, c’est reparti pour une nouvelle dérive, mais si rien ne bouge, détections sur l’échosondeur ou pas, ciao !

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Bien sûr, les lames vibrantes sont aussi excellentes pour battre du terrain en explorant un secteur avec des dérives longues. Etre en capacité de lancer confortablement de chaque côté du bateau, de pêcher vite et de couvrir toute la colonne d’eau augmente le volume prospecté et de fait les chances de rencontre.

 

Création

Nous avons passé beaucoup de temps à affiner la forme et l’équilibre du Runner Blade pour mettre au point un produit qui ne soit pas juste une réussite esthétique mais bien un leurre validé sur le terrain. Des premiers prototypes usinés avec mon père fin 2014 et lestés avec 2 sphères (que vous pouvez voir sur plusieurs photos) jusqu’à la version finale industrialisée, des centaines d’heures ont été nécessaires pour tester différentes configurations d’équilibrage, de positionnements de point d’attache, etc., jusqu’à obtenir LA version souhaitée.

1ère phase : choix de la forme, de l’équilibrage (preuve de concept)

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2ème phase : distribution du lest, ajustement de l’équilibre (à la lime et à la pâte tungstène ;-)

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3ème phase : dessin final et mise en production

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En résumé 

Quand on évoque les lames vibrantes, il y a deux catégories de pêcheurs : les convaincus et les autres… ceux qui trouvent ça un peu rudimentaire, et encore je suis gentil ! J’ai longtemps fait partie de la seconde catégorie. Pourtant, depuis quelques saisons ces leurres ont révolutionnés ma pêche. Vous pouvez penser que j’en rajoute, mais ceux qui me connaissent savent à quel point cette technique m’a rendu accroc. A tel point qu’aujourd’hui elle doit représenter grosso-modo 60 % de mes prises, soit 3 poissons sur 5, ce qui est assez dingue pour un produit totalement absent de mes boites il y a seulement 4 ans, et qui depuis a poussé vers la sortie la majorité de mes leurres à grande bavette et une partie de mes leurres souples.

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Mon regard est peut-être un peu biaisé, je vous l’accorde, car je pratique dans une région qui se prête particulièrement à l’utilisation du Runner Blade, avec une majorité de postes inférieurs à une douzaine de mètres de profondeur, mais je suis persuadé qu’en cherchant bien vous arriverez à en faire bon usage ! En tout cas j’espère vous avoir donné quelques clés pour l’exploiter au mieux.

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Sam

 

Du même auteur :

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